Verbatim : Conférence de presse de PNC-France du 3 juillet 2021 à Saint-Vulbas (Ain)

Jul 19, 2021 | Actualités

 

Pour commémorer le triste anniversaire de la fermeture de la centrale de Fessenheim, PNC-France, dont l’une des missions est de sensibiliser les responsables politiques régionaux aux dangers présentés par l’arrêt programmé du parc nucléaire, a décidé de se saisir de cet événement pour organiser une conférence de presse.

Son choix s’est porté sur la région la plus concernée par l’activité qu’apporte la présence de centrales : la Région Auvergne-Rhône-Alpes, dans la petite ville de Saint-Vulbas proche de la centrale du Bugey.

Cinq députés, le Maire de Fessenheim, plusieurs maires de communes de la région et des syndicalistes se sont tour à tour exprimés à la suite de Bernard Accoyer, Président de PNC-France.

 

Bernard Accoyer après avoir remercié les participants, ouvre la réunion en rappelant quelques éléments fondamentaux concernant la fermeture de la centrale de Fessenheim (cf vidéo ici) :

  • Une puissance de 1,8 GWe perdue, soit 12 TWh/an, représentant le quart de notre solde exportateur et 500 millions d’Euros de recettes annuelles ont été perdus, grevant d’autant notre balance du commerce extérieur
  • Pour la première fois depuis 40 ans, la capacité de production française est réduite, juste au moment où la consommation d’électricité est appelée à augmenter de façon importante (plus de 750 TWh en 2050)
  • Un accroissement des émissions de CO2 : de 5 à 10 Millions de tonnes selon que l’électricité de substitution est produite par du gaz ou du charbon, au mépris des engagements climatiques de la France.
  • Une aggravation du risque de blackout, évité de justesse le 8 janvier dernier, au prix de délestages coûteux, malgré la mise en service d’une nouvelle centrale au charbon en Allemagne (Datteln 4)
  • Une charge financière importante « imposée » dans la durée aux contribuables français : de l’ordre de 10 milliards d’Euros d’indemnités à rembourser aux actionnaires allemands et suisses ainsi qu’à EDF
  • Un désastre pour l’emploi local et national, pour les finances des collectivités territoriales, d’autant que les mesures d’accompagnement promises par l’Etat ne sont pas là

A la suite de cet inventaire et après avoir déclaré que la France ne pouvait plus confondre rêves et réalités, science et opinion, faits et idéologie, Bernard Accoyer réclame que soit menée une analyse rationnelle et objective permettant de réorienter en profondeur la politique actuelle. Des prises de position rapides s’imposent et il demande :

  • L’engagement d’un programme de construction de 6 nouveaux réacteurs, indispensable pour donner la visibilité nécessaire aux acteurs de la filière,
  • La renonciation à fermer des réacteurs tant que l’ASN et EDF ne le demandent pas,
  • La relance de la recherche sur les réacteurs du futur,
  • L’engagement ferme du projet CIGEO, reconnu comme la solution la plus sûre et éthiquement responsable pour la gestion à long terme des déchets

Il conclut cet exposé introductif en affirmant que « Les Français ne veulent plus que l’idéologie gouverne la stratégie industrielle » et que pour le bon fonctionnement de notre démocratie, « il est nécessaire d’instaurer en France un débat plus serein sur la transition énergétique, et sortir des affrontements stériles ». L’objectif premier est la sauvegarde du climat, et donc la réduction de la consommation de combustibles fossiles, en gardant à l’esprit que notre électricité est déjà décarbonée.

Prennent alors successivement la parole :

Claude Brender – Maire de Fessenheim (cf vidéo ici)

Il confirme que la centrale qui vient de fermer avait été mise à niveau et qu’elle pouvait parfaitement fonctionner dix années de plus. Il en veut pour preuve que des centrales américaines de même type ont obtenu l’autorisation de fonctionner 60 ans.

Il confirme que la centrale constituait un ilot de prospérité et que l’Etat a failli à son engagement de réindustrialisation du secteur. Il précise avec humour que la nomination d’un interlocuteur a bien généré un « tourbillon phénoménal de réunions » mais n’a jusqu’ici rien apporté. Le seul espoir restant serait l’installation d’un technocentre en charge du démantèlement des centrales, une activité guère engageante !

Il ajoute qu’en guise d’aides, plusieurs charges qui auraient dues être abandonnées, ne l’ont toujours pas été.

Marcel Jacquin – Maire de Saint-Vulpas cf vidéo ici (précédé de la déclaration de son adjoint vidéo ici

Après avoir souhaité la bienvenue à l’assistance Marcel Jaquin craint que, poussé par des idéologies destructrices, ce qui est arrivé à Fessenheim ne se produise ailleurs. « Nous sommes tous des écologistes soucieux du mode de vie de nos populations aussi espérons-nous que le bon sens reviendra ».

Daniel Fabre – Maire d’Amberieu (cf vidéo ici)

Une délibération a récemment eu lieu au sein de sa communauté de communes pour soutenir l’installation de réacteur EPR au Bugey. Ce projet a été approuvé à une très forte majorité. Pour Daniel Fabre les lignes sont en train de bouger en faveur du nucléaire.

Denis Linglin- Maire de Sergy (cf vidéo ici)

Nous sommes dans une guerre économique. L’écologie à l’allemande revient à remplacer le nucléaire et le charbon par des éoliennes et du gaz russe. Voyez Schröeder et le gazoduc North Stream…

Olga Givernet – Députée de l’Ain (cf vidéo ici)

L’arrêt d’une centrale impacte tout un bassin d’emplois. Ce qui importe c’est d’avoir de l’électricité décarbonée. Le mix énergétique doit contenir du nucléaire et à ce titre elle est heureuse de pouvoir être associée aux travaux de PNC.

Charles de la Verpilliére – Député de l’Ain (cf vidéo ici)

Il commence par faire remarquer qu’il a été réélu avec 76 % des voix bien qu’il ait clairement déclaré au cours de sa dernière campagne électorale qu’il était en faveur du nucléaire. Un beau résultat qui lui permet de penser que les populations ne sont pas aussi hostiles au nucléaire que d’aucuns veulent laisser croire.

Il aborde ensuite la position de l’Allemagne et fait remarquer qu’il ne faut pas être naïf et que notre grand voisin œuvre d’abord pour son économie. Son intérêt est d’essayer de compenser son seul handicap économique qui est le coût de son énergie. L’électricité est en effet bien plus chère en Allemagne qu’en France. Ne soyons pas dupes, nous sommes en compétition. Refusons de sacrifier notre seul avantage économique, le coût de notre électricité.

Raphaël Schellenberger – Député du Haut Rhin (cf vidéo ici)

Ce que nous avons constaté à Fessenheim est dramatique. On y voit que le gouvernement n’avait qu’un seul objectif : arrêter Fessenheim. Il n’a aucune vision énergétique ou stratégique et se satisfait d’un simple calcul électoral destiné à honorer la promesse que François Hollande a faite aux écologistes et qui lui a permis d’être élu.

10 ans plus tard nous subissons les dommages provoqués par cet accord électoral mais nous n’avons toujours pas obtenu de compensation sur la fiscalité locale, la reconversion du territoire, ou la construction d’une filière de retraitement.

Christophe Grudler – Député européen (cf vidéo ici)

Depuis les accords de Paris de 2016, l’Union Européenne s’est engagée dans une voie devant permettre la décarbonisation de son modèle énergétique à l’échéance 2050. Pour y parvenir elle doit utiliser toutes les énergies décarbonées à sa disposition et le nucléaire y a toute sa place. A ce titre il serait normal que cette énergie soit intégrée dans le nouvelle réglementation sur la finance durable, la « taxonomie ».

A défaut l’abandon de cette énergie conduira la France a la perte de son indépendance énergétique et d’un puissant moyen de relancer son économie. A ce propos Monsieur Grudler mentionne notamment les perspectives offertes par le marché des petits réacteurs SMR.

Damien Abad – Député (cf vidéo ici)

Philippe Herzog – Ancien député européen (cf vidéo ici)

Monsieur Herzog précise que l’une raisons fondamentales de son engagement en faveur du nucléaire est son caractère de service public.

Il serait catastrophique pour la vie des Français, comme pour l’économie nationale, d’amputer notre parc nucléaire alors que les besoins de consommation d’électricité ne font et ne feront que croître.

L’Union européenne renvoie aux Etats-nations l’entière responsabilité de définir et d’organiser les services publics. Mais les règles de marché et de concurrence leur mettent des bâtons dans les roues. Elle ignore la spécificité des services publics et les besoins de coopération et de solidarité énergétique entre les peuples européens. 

Il ne s’agit plus de faire profil bas.

La France a réussi à se doter d’une entreprise phare, EDF et d’un système électrique de référence. A la veille des élections présidentielles, les citoyens doivent exiger de leurs élus et de leurs dirigeants le courage de décisions claires. Il faut prolonger la durée de vie des centrales, programmer les investissements pour le développement du parc et mettre en place leurs financements.

Virginie Neumayer – CGT (cf vidéo ici)

Il faut commencer par défendre EDF…

Alexandre Grillat – CFE-CGC (cf vidéo ici)

La fermeture de Fessenheim, une hérésie industrielle, économique et électrique…

Valérie Goncalvez – Pole Energie PCF (cf vidéo ici)

Le gouvernement doit agir vite et ne pas repousser des décisions urgentes pour des raisons électorales…

 

Après avoir répondu aux questions posées par la salle et remercié les intervenants pour leurs précieuses contributions, Bernard Accoyer clôture les débats. (cf vidéo ici à la minute 9’45”)

 

Il aborde la question du coût financier global de la politique énergétique du gouvernement pour les consommateurs et les contribuables. Il rappelle à nouveau que le coût de la fermeture de la centrale de Fessenheim est de l’ordre de 10 milliards d’Euros car il a fallu indemniser l’exploitant et les actionnaires allemands et suisse sur la base de 20 années de production. Un gaspillage scandaleux qui mériterait, suggère l’orateur avec humour, de figurer dans les comptes de campagne du Président s’il est candidat, sans oublier pour autant de regarder d’où vient l’argent des donneurs de leçons…

Il poursuit en précisant que l’Allemagne, souvent citée en exemple, montre la voie à ne pas suivre alors que celle ouverte il y a 40 ans par la France lui a donné son indépendance énergétique tout en lui permettant de disposer d’une électricité décarbonée et à bas coût. Il précise que Mme Merkel et de puissants lobbys agissent au niveau européen pour priver notre pays de ses atouts, une situation qui devrait susciter l’union sacrée de tous les élus dans la défense des intérêts nationaux. La France doit conserver sa prééminence technologique et son indépendance énergétique. Seul le nucléaire répond à cette exigence.

Il précise qu’il faut d’extrême urgence obtenir une révision de la LTECV et revoir la PPE qui prévoit de fermer 14 réacteurs. Il refuse qu’il n’y ait que ceux qui crient fort qui soient entendus et ne veut pas que les factures d’électricité continuent de monter, en majeure partie, pour financer les ENR.

Il termine en demandant aux élus présents d’aider PNC-France à faire remonter le bon sens auprès de la présidence de la République.

 

 

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