Une guerre de religion, ça fait des morts !

Apr 30, 2021 | Actualités, Interviews, Nucléaire

Le point de vue de PNC- France : Gérard Pierre

Un débat a parcouru la société française au sujet d’un média public qui s’est arrogé le droit de censurer une émission afin d’imposer un point de vue idéologique. C’est pourquoi PNC-France a décidé de donner la parole à l’auteure de ce documentaire.

La coréalisatrice du documentaire « An zéro – comment le Luxembourg a disparu », a désavoué le film après la censure exercée pour des raisons idéologiques par la co-production NDR.

Myriam Tonelotto, a rédigé un texte où elle témoigne de la difficulté de toute personne douée d’esprit critique et d’analyses à se définir pro ou antinucléaire.

Précisons que dans ce texte, les opinions exprimées lui sont personnelles et ne représentent pas toutes celles de PNC.

 

TEXTE : Une guerre de religions, ça fait des morts par Myriam TONELOTTO.

Pour une raison dont le cerveau humain détient le secret, nos sociétés « riches » et a priori instruites se sont clivées depuis les années 70 entre deux credos : anti et pro nucléaires (on pourrait lister des dizaines d’autres clivages, mais celui-ci est très prégnant).

Credo pro-nucléaire :

Je crois en l’énergie nucléaire, car elle fournit une énergie pilotable (capable de suivre les variations des besoins électriques) extrêmement dense (importante production d’énergie avec une quantité de matière et un nombre de centrales réduit) et peu chère (rapport investissements / production / disponibilité / longévité de l’installation). Et ceci, pour le plus grand bien des populations qui ont besoin d’énergie pour pouvoir assurer l’essentiel de leur vie quotidienne ou, si pays pauvres, développer leurs capacités hospitalières, leur approvisionnement en eau, etc.

Credo des antinucléaires :

Je condamne l’énergie nucléaire, car elle fournit une énergie incontrôlable (on peut perdre le contrôle des réacteurs comme à Windscale, Tchernobyl et Fukushima), extrêmement lourde (gestion monopolistique du réseau de distribution) et horriblement chère (dès lors qu’on y inclut le démantèlement des centrales et la surveillance pour 10 000 ans des déchets). Et je m’y oppose farouchement pour le plus grand bien des populations qui ont besoin d’être protégées des effets potentiels des radiations et du danger de la perte de leur territoire en cas d’accident.

On naît pro ou anti-nucléaire. Dès le ventre maternel, on a été exposé au credo familial en la matière, et les biais cognitifs vont renforcer au fur et à mesure notre religion puisque nous rejetterons sans leur accorder la moindre écoute les arguments de la « secte » adverse. Tout un petit catéchisme va progressivement nous équiper en réponses et arguments tout faits ou d’autorité, qui nous épargneront la douleur psychique du DOUTE, ce sentiment éprouvant qui peut ébranler tout croyant.

Symptomatique, nous afficherons sur nos sacs d’école et nos bagnoles, nos tweets et nos instagrams des signes de ralliement à notre religion, entre pins, autocollants ou emoji. Et nous nous clamerons FIERS d’appartenir à l’une ou l’autre religion.

Cela fait donc 70 ans que nous vivons en guerre. Une guerre de religion.

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Photo : credit Myriam Tonelotto

 Biographie de Myriam Tonelotto